Sous-diaconat de Nassif Aoun

          La « testudo graeca » est une tortue très présente au Liban. Sympathique et silencieuse elle se nourrit de plantes et de fleurs et pour vivre jusqu’à l’âge vénérable de 120 ans. Dans le jardin du séminaire, nous en avons une véritable armée : 27 pour être exact ; quelques-unes sont si petites qu’elles tiennent dans la paume de la main, d’autres sont déjà grandes avec leurs carapaces marquées par le temps et les saisons. C’est Nassif qui s’occupent d’elle, le séminariste libanais qui a reçu le sous-diaconat dimanche 2 avril des mains de l’archevêque maronite de Beyrouth, S.E.R. Mgr Boulos Matar, au cours d’une touchante cérémonie dans la belle église de Saint Augustin.

          Nassif, qui a 53 ans, est entré au séminaire il y a 7 ans, à un âge déjà avancé : « Quand j’ai commencé, j’ai tout de suite demandé la grâce au Seigneur de lui rester fidèle au long de ce chemin nouveau pour moi », raconte-t-il. Et le Bon Dieu l’a écouté. Pas à pas, jour après jour, sans se laisser décourager par l’angoisse de l’âge et du temps qui passe, il a fini l’université, il a passé trois ans en mission (un en Égypte et deux en Côte d’Ivoire), jusqu’à arriver au sous-diaconat, dernier pas avant les ordres majeurs du diaconat et du presbytérat.

          Au fond, durant ces années, Nassif a exercé la vertu de la patience, de la ténacité et de la volonté, qui sont les qualités les plus nobles de l’humble tortue. Peut-être est-ce pour cela qu’il les aime tant : quand il pleut par exemple, Nassif met au sec nos tortues dans un coin abrité de notre jardin ; il choisit avec attention les plantes et les fleurs pour leur repas ; on dirait presque qu’il connaît chacune par son nom. « J’aime les tortues, car ce sont des animaux profondément faibles — explique Nassif — : en cela je me sens comme elles, faible et ayant besoin d’aide. Mais je reconnais que dans ma vie, Dieu est toujours venu au secours de ma faiblesse et m’a toujours relevé et mis en sureté, toutes les fois où je suis tombé… »

          Dans l’église de Saint Augustin, dimanche, ont prié pour et avec Nassif sa nombreuse famille et les frères des communautés néocatéchuménales de Beyrouth, en particulier ceux de la première communauté de Mar Mikhaïl de laquelle Nassif fait partie depuis 26 ans. La journée s’est conclue par un grand dîner assis au Séminaire Redemptoris Mater, auquel a aussi participé Mgr Matar célébrant avec nous.

          Nous souhaitons à Nassif de continuer son chemin, armé de la cuirasse de la foi pour de nombreuses années d’évangélisation — si Dieu le veut —, nombreuses comme celle de la plus âgée des « testudo graeca » du Liban.

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