Les Séminaires Redemptoris Mater

 

          Les Séminaires Redemptoris Mater sont un des fruits les plus importants de la rénovation conciliaire. Une réalité complètement nouvelle, inaugurée par le Concile Vatican II qui dans son décret Presbyterorum Ordinis écrit au n. 10 :

« Les prêtres se souviendront donc qu’ils doivent avoir à cœur le souci de toutes les Églises… Là où les conditions de l’apostolat le réclameront (le manque de clergé), on facilitera non seulement une répartition adaptée des prêtres, mais encore des activités pastorales particulières… Il pourra être utile de créer à cette fin des séminaires internationaux pour le bien commun de toute l’Église…, suivant des modalités à établir dans le respect des droits des Ordinaires locaux ».

           En 1991, la commission interdicastèriale, formée par le Pape Jean Paul II pour résoudre le grave manque de prêtres dans beaucoup de régions du monde a reconnu que

« cette idée du Concile a trouvé une mise en œuvre dans les séminaires Redemptoris Mater où l’on prépare les prêtres pour la Nouvelle Évangélisation, selon le programme du Chemin Néocatéchuménal… On peut dire également qu’il s’agit de la mise en œuvre d’une nouvelle forme de ministère : "le missionnaire diocésain" » (Osservatore Romano 15.03.1991).

           Aujourd’hui, il existe dans le monde plus de 100 séminaires Redemptoris Mater dont beaucoup sont dans des capitales : Rome, Madrid, Lisbonne, Paris, Londres, Berlin, Amsterdam, Bruxelles, Varsovie, Copenhague, Helsinki, Vienne, Washington, Mexico, Bogota, Brasilia, Sao Paulo, Rio de Janeiro, Séoul, Karachi, Taiwan, Sidney, Dar El Salem, Kampala, Cape Town, Luanda, Douala, Abidjan, etc.


 

Un séminaire Redemptoris Mater pour le Moyen-Orient

 

           Le 25 mars 1995, le Patriarche Copte Catholique et le Patriarche Chaldéen, appuyés par sept Évêques de tout le Moyen-Orient, écrivent à l’alors Préfet de la Congrégation pour les Églises Orientales, S.E. Achille Card. Silvestrini :

« Aujourd’hui, après 18 ans que nos premières Églises se sont ouvertes à l’expérience du néocatéchuménat, nous pouvons constater que ces catéchèses systématiques et permanentes forment de petites communautés qui incarnent une Parole prophétique et précieuse pour nos chrétiens qui vont souvent à l’Église avec une piété rituelle séparée de leur vie pratique… Par exemple, comme réponse à la plaie de l’émigration, nous assistons à des témoignages de familles qui renoncent à de bonnes offres de travail à l’étranger pour rester dans le petit troupeau du Christ, dans cette terre à grande majorité musulmane… Mais, à nous pasteurs, la chose qui nous donne le plus de courage et d’espoir pour continuer à lutter au milieu de tant difficultés, c’est de voir que de ces communautés surgissent des vocations sacerdotales, qui, outre à être en pleine communion avec les enseignements de l’Église, apprennent à collaborer entre eux et avec les fidèles laïcs ; et ceci nous semble très important pour affronter la Nouvelle Évangélisation aussi dans nos Églises Orientales ».

         En septembre 1995, un petit groupe de séminaristes arrive au Caire. C’est l’embryon du Séminaire Éparchial Interrituel International Missionnaire Redemptoris Mater qui sera érigé par S.B. Stephanos II Card. Ghattas, patriarche des Coptes catholiques en collaboration avec S.E.R. Mgr Boutros Taza, évêque des Arméniens catholiques pour le l’Égypte et le Soudan et S.E.R. Mgr Youssef Dergham, évêque des Maronites pour le l’Égypte et le Soudan le 30 novembre 1997.

           Dans une lettre à la Fondation Ambrosienne Saint Marc de Milan, le Patriarche Stephanos II Card. Ghattas explique que

« ce Séminaire est né après avoir reçu des demandes répétées de confrères Évêques de plusieurs nations pour avoir des prêtres de langue arabe et après avoir évalué son importance vitale pour nos Églises Orientales ; dans l’histoire de l’Église, en effet, l’élan missionnaire a toujours été un signe de vitalité... et de salut des communautés locales (Redemptoris Missio 2; Exhort. Apost. Une espérance nouvelle pour le Liban 82.84) ».

          Au Cardinal Joachim Meisner, alors archevêque de Cologne, il écrivait le 7 juin 1997 :

« Je souligne l’urgente nécessité… en mon nom et en celui d’autres évêques du Soudan, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, d’un Séminaire International en langue arabe. Les chrétiens de nos Églises, comme vous le savez, se sentent toujours plus pressés entre la pression d’un intégrisme musulman croissant d’une part, et un séduisant libéralisme économique et moral de l’autre. Différents évêques, de rites divers du monde arabe me font parvenir de nombreuses demandes de prêtres de langue arabe qui sachent persévérer avec espérance chrétienne et discernement prophétique parmi ces nations ».

           Le Séminaire Éparchial Interrituel International Missionnaire Redemptoris Mater a donc pour mission de former des prêtres qui soient des hommes de prière, missionnaires, experts en humanité, amants du propre rite. Formés dans un contexte interrituel, ils peuvent aider les chrétiens à être unis afin de devenir un signe de salut pour les peuples de la région. De cette façon se réalise le souhait du décret Optatam Totius (n. 20) du Concile Vatican II, selon lequel, les futurs presbytres doivent être

« pénétrés de ce véritable esprit apostolique qui les habituera à dépasser les limites de leurs propres diocèse, nation ou rite, pour subvenir aux besoins de l’Église entière, prêts au fond du cœur à prêcher l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre »


          Destiné à l’apostolat missionnaire au Moyen-Orient, au Soudan, en Afrique du Nord et auprès des minorités catholiques orientales dans le monde, le Séminaire Redemptoris Mater veut en outre réaliser la collaboration entre les Églises d’Occident et d’Orient en accueillant des vocations du monde entier et pour le monde entier.


 

 

Le séminaire Redemptoris Mater au Liban

 

          En 1999, les évêques fondateurs, confrontés aux nombreuses difficultés de l’insertion du séminaire en Égypte, décident en communion avec le Patriarche maronite, S.B. Nasrallah Boutros Sfeir, de transférer le séminaire au Liban. Le séminaire se trouve aujourd’hui sous la responsabilité d’un groupe (Cœtus) d’évêques locaux de différents rites.

         La formation des séminaristes touche trois aspects fondamentaux : la formation humaine, spirituelle et intellectuelle. L’internationalité et l’interritualité aident les séminaristes à apprendre à s’accepter avec toutes leurs différences humaines, culturelles et rituelles. Les repas communautaires, les services et les partages d’expérience sont les moments privilégiés grâce auxquels ils grandissent dans l’Esprit d’unité.

          La vie de prière constitue la nourriture principale de cette croissance. La prière communautaire du bréviaire aide à vivre sa propre vie comme une liturgie de sainteté. Chaque dimanche soir, les vêpres sont accompagnées par l’adoration du Saint Sacrement. L’Eucharistie quotidienne est la source et le sommet de la vie communautaire, le moment durant lequel Dieu lui-même crée la communion. On ne peut concevoir une formation intellectuelle complète sans une sérieuse rencontre cœur à cœur avec Dieu qui parle dans les Saintes Écritures. Pour cela, chaque semaine, la "scrutatio" enseigne aux séminaristes à être hommes de la Parole.

          Les séminaristes reçoivent leur formation académique à la Faculté Pontificale de Théologie de l’Université Saint-Esprit de Kaslik. Les cours sont donnés en français ou en arabe. L’acquisition des langues est assurée par des professeurs privés au séminaire.

          Pour rester insérés dans la vie du Peuple de Dieu, les séminaristes continuent leur formation chrétienne en participant deux par deux à une des communautés néocatéchuménales présentes à Beyrouth et dans la région. Ils aident en outre l’Église locale par différents services (catéchèses pour adultes, services liturgiques…).


 

Aujourd’hui… un nouveau défi !

 

           Après plusieurs années d’insertion dans le tissu ecclésial local et moyen-oriental et l’ordination de 18 prêtres qui servent dans 10 diocèses de 5 rites différents dans le monde entier (Liban, Égypte, Soudan, Koweït, Argentine, Brésil, Italie), le séminaire trouve finalement un lieu où s’établir. Le diocèse maronite de Beyrouth a mis à disposition du séminaire, gratuitement pour trente ans, deux immeubles du « waqf » de la paroisse de Saint Michel à Chiah. Ces immeubles, situés à proximité de l’Église, ont été le théâtre de féroces combats durant la guerre civile libanaise dont ils portent encore les traces.

          Les réhabiliter pour en faire le siège du séminaire Redemptoris Mater au Liban résonne clairement comme un appel à devenir un signe de paix entre les deux grandes religions qui cohabitent au Liban au milieu de toutes les difficultés que vit le Moyen-Orient en ces temps.

VIDEOS